Décaler un match de l’après-midi vers la soirée paraît être l’adaptation la plus simple face à la chaleur. Elle évite une partie du rayonnement solaire et place l’effort à un moment généralement plus frais. Mais cette marge n’est ni identique partout, ni garantie dans un climat plus chaud.

Le préprint consacré au football européen étudie 247 enceintes professionnelles dans 15 ligues, sur la saison de juillet à mai. L’exposition est reconstruite pour l’après-midi et la soirée avec cinq modèles climatiques corrigés des biais. Trois seuils de WBGT sont examinés : 28, 30 et 32 °C.

Vérifier avant de projeter

Reconstituer une valeur sous-journalière à partir de champs climatiques journaliers est une étape sensible. La méthode a donc été comparée à un WBGT calculé directement à partir d’ERA5 horaire entre 2016 et 2025.

Pour les jours chauds, l’erreur quadratique moyenne rapportée est de 0,94 °C l’après-midi et 0,84 °C le soir. La reconstruction de l’après-midi présente un biais froid de −0,70 °C, notamment parce qu’un rayonnement moyen journalier sous-estime la charge radiative du milieu d’après-midi. Le soir, le biais moyen est faible, mais les soirées très chaudes restent rares dans la période de validation.

À retenir. Le calcul reproduit correctement les contrastes pertinents pour l’étude, mais il n’est pas équivalent à une mesure prise dans chaque stade.

Une exposition qui s’étend

Dans la période 1991–2020, les dépassements de 32 °C de WBGT sont rares. Ils concernent surtout quelques enceintes du sud de la péninsule Ibérique, du sud de l’Italie et de Turquie. Ils sont pratiquement absents le soir.

Pour 2041–2070, les dépassements apparaissent dans davantage d’enceintes méridionales. L’extension est plus marquée sous SSP5-8.5 que sous SSP2-4.5. Le seuil de 28 °C montre déjà une géographie plus large : les soirées réduisent fortement le nombre de jours concernés, mais ne les annulent pas partout.

Ce que le changement d’horaire peut faire

Jouer plus tard reste une mesure utile. Elle peut diminuer l’exposition solaire et, aujourd’hui, réduire nettement la fréquence des conditions les plus sévères.

Son efficacité se heurte pourtant à trois limites :

  1. les soirées se réchauffent elles aussi ;
  2. l’humidité peut maintenir une contrainte thermique après le coucher du soleil ;
  3. les calendriers, transports, diffuseurs et temps de récupération limitent la liberté de déplacement.

L’horaire devient donc une composante d’une stratégie plus large : protocoles d’interruption, hydratation, espaces de récupération, conception des enceintes et, dans certains cas, révision du calendrier saisonnier.

Limites

Les valeurs décrivent une exposition potentielle au cours de la saison. Elles ne sont pas pondérées par le nombre réel de matchs joués chaque mois. Elles ne représentent ni le microclimat exact de la pelouse, ni l’état individuel des joueurs, ni une probabilité d’incident médical.

Le manuscrit est une prépublication. Sa notice distingue volontairement ce statut d’un article évalué par les pairs.

WBGTfootballadaptationCMIP6