Pour un marathon ou un triathlon, changer de mois est une adaptation séduisante. Elle paraît peu coûteuse et permet de rechercher une période moins chaude ou moins pluvieuse. Mais il faut d’abord mesurer la marge réellement disponible.

Le préprint compare 28 grands événements d’endurance, dont les sept World Marathon Majors, avec cinq modèles NEX-GDDP-CMIP6. Deux contraintes sont retenues : un WBGT de l’après-midi supérieur à 28 °C et une pluie journalière atteignant 20 mm.

Un indicateur de fréquence, pas d’annulation

L’Endurance Event Disruption Index mesure la fraction des jours qui dépassent au moins l’un des seuils. Il est calculé autour de la date de chaque événement, puis pour les douze mois afin de chercher le mois le moins défavorable.

L’indice ne prédit pas l’annulation d’une course. Une organisation peut maintenir, modifier ou interrompre un événement selon des règles, des prévisions et des contraintes qui ne sont pas contenues dans les projections climatiques.

À retenir. Dépasser un seuil climatique et annuler un événement sont deux objets différents.

L’optimum strict peut tromper

À la fin du siècle sous SSP5-8.5, une optimisation qui choisit systématiquement le meilleur mois déplacerait 21 événements sur 28 et en concentrerait neuf en janvier.

Mais plusieurs mois ont souvent des niveaux de risque très proches. Lorsque l’on accepte les mois situés à moins de 0,02 de l’indice minimal, la fenêtre favorable médiane atteint cinq mois. Cette stratégie plus tolérante ne déplace que 13 événements et en place six en janvier.

Parmi les 20 événements présentant un gain d’adaptation positif, des déplacements de deux mois au maximum récupèrent 81 % de la réduction théoriquement disponible.

Une décision sous contraintes

Le meilleur mois climatique n’est pas automatiquement le meilleur mois d’organisation. Un marathon dépend également des autres événements, des autorités locales, des bénévoles, du tourisme, de la préparation des participants et parfois d’une tradition saisonnière.

L’intérêt de la fenêtre quasi optimale est de donner plusieurs possibilités comparables. La discussion peut alors porter sur les compromis plutôt que sur une date prétendument parfaite.

Limites

Deux aléas seulement sont combinés. Le vent, les orages, la qualité de l’air, les incendies, les conditions nocturnes et les vulnérabilités locales peuvent changer la décision. La résolution des projections ne décrit pas le microclimat exact du parcours.

Le document est un préprint et ses résultats doivent être interprétés avec son protocole, ses seuils et ses scénarios.

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