Quand on parle de climat et de sport professionnel, on projette souvent les équipes actuelles dans un climat futur. Cette comparaison oublie un changement préalable : la géographie des ligues n’est pas fixe.
En 1950, les grandes franchises nord-américaines étaient surtout concentrées dans le Nord-Est et le Midwest industriels. En 2025, leur implantation couvre la côte Ouest, le Texas, la Floride et le Sud-Ouest. Les ligues se sont donc déplacées vers des régions climatiquement différentes avant même que l’on ajoute le réchauffement observé.

Franchises actives en 1950 dans la NHL, la MLB, la NBA et la NFL. Source : préprint associé au projet.
Deux transformations simultanées
L’exposition actuelle résulte de deux mouvements :
- le climat a changé dans les villes ;
- la distribution spatiale des franchises a changé.
Le préprint reconstruit les franchises actives entre 1950 et 2025 puis suit le déplacement du centre de gravité de chaque ligue. Le mouvement va vers l’ouest pour toutes, avec une composante vers le sud dont l’intensité varie.
Les déplacements de centroïde rapportés vont de 351 km pour la NFL et 519 km pour la NBA à 1 122 km pour la MLB et 1 203 km pour la NHL. Ces chiffres décrivent un déplacement de la géographie collective des ligues. Ils ne mesurent pas la distance parcourue par une franchise précise.
Pourquoi parler de « migration thermique » ?
Le terme ne signifie pas que la chaleur a causé le déplacement des équipes. Les marchés, les transports, la démographie, les infrastructures et les stratégies économiques expliquent l’expansion des ligues.
Il décrit une conséquence : en s’étendant vers la Sun Belt et l’Ouest, le sport professionnel a changé de régime climatique. Une part plus grande des matchs, des déplacements et des infrastructures se trouve dans des zones plus chaudes ou exposées à d’autres contraintes.
À retenir. L’exposition d’une organisation change lorsque le climat se transforme, mais aussi lorsque l’organisation se déplace.
Ce que cela change pour l’adaptation
Une ligue ne peut pas raisonner uniquement à partir d’une moyenne nationale. Elle doit combiner :
- l’évolution du climat local ;
- la répartition réelle des franchises ;
- la saison de compétition ;
- les caractéristiques des enceintes ;
- les déplacements des équipes et des publics.
Cette approche historique évite de présenter la carte actuelle comme naturelle ou immuable. Elle aide aussi à distinguer la part du changement climatique de celle des choix d’implantation.
Limites
L’indicateur agrège des trajectoires très différentes. Les sports en salle, les stades ouverts et les calendriers d’été ne créent pas la même exposition. Une analyse de localisation ne démontre pas automatiquement un impact sur la santé, la performance ou les coûts.
Le document associé est un préprint EarthArXiv et doit être lu comme une version de travail scientifique.